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L’histoire d’un mythe

En 1968, le président Pierre Dreyfus, alors président de la régie Renault, donna son accord pour le développement du projet"122" qui allait jeter les bases du segment de marché des petites voitures tel que nous le connaissons aujourd'hui (Clio, 207, C3, polo...). En plus du caractère pratique, la future Renault 5 devra être aussi élégante et polyvalente en n'ayant pas peur d'affronter les kilomètres sur longs parcours. C'est le 28 janvier 1972 qu'est présentée la Renault 5 au grand public. Contrairement aux doutes des "spécialistes" ou prétendus comme tels, la Renault 5 va rencontrer un franc succès commercial avec plus de 5 millions de véhicules vendus et installer durablement en tête des immatriculations en France. Malgré l'arrivée tardive (à partir de 1979) de la version 5 portes, la Renault 5 désignée comme "super car" dans les campagnes publicitaires, elle va démonter d'un coup les Simca 1000 et Peugeot 104.

En avril 1974, Renault démarre une première approche "sportive" avec la version LS. Toutefois, son petit moteur 1289 cm3 développant 67 ch. ne lui autorisant qu'une vitesse de pointe de 155 km/h laisse les amateurs sur leur faim. C'est toutefois sur la base de la "LS" que Renault va développer la future monture des pilotes en Coupe Elf pour remplacer la Renault 12 Gordini.

En mars 1975, Renault élargit sont offre sportive dans sa gamme 5 avec la "TS".

En mars 1976, présentation officielle de la nouvelle sportive de Billancourt qui s'appellera "Alpine" ! Une bonne occasion également pour la régie de faire profiter de l'image sportive d'Alpine à la R5 (En 1976, les victoires en Rallyes étaient encore vivaces dans l'esprit du public français). Seul le marché anglais n'aura pas le droit au label "Alpine" propriété de PSA via les rachats successifs de l'ex-Sunbeam. Qu'importe, elle sera badgée "Gordini", un label largement mérité.

En mai 1976, Renault commercialise la Renault 5 Alpine qui est construite à Dieppe dans les locaux d'Alpine, suite au rachat du petit constructeur en 1971.

Extérieurement, on identifie immédiatement une 5 Alpine au reste de la gamme avec son spoiler avant d'un seul tenant en plastique assez novateur pour l'époque. Les amateurs de sport automobile auront reconnu le bouclier avant des "LS Kit" pour la Coupe. Ce bouclier intègre les clignotants et les feux additionnels. Les finitions de l'époque étant plus brutes qu'aujourd'hui on notait les vis apparentes pour fixer ledit bouclier... Autre signes distinctifs aux 5 Alpine : les jantes en tôle à large déport, reprises des R12 Gordini et aussi les décorations (liserets rouges avec le logo "A5" stylisé sur les flancs, le capot et la malle de coffre). Dernier petit détail significatif pour une sportive des seventies : son petit rétroviseur obus côté conducteur. Pour le reste on retrouve fidèlement la ligne très simple et proportionnée de la Renault 5 dessinée par Mr Boué : capot court, larges surfaces vitrées, petits feux arrière, calandre avant minimaliste.

L'habitacle affiche avec arrogance sa sportivité par son habillage tendu de rouge. Du rouge, il y en a partout : moquette, sièges, contreforts des portes... Les sièges intègrent les appuies têtes et sont repris des Renault 15 et 17. La planche de bord est réduite à sa plus simple expression. En effet, l'instrumentation est relativement pauvre. A tel point que dès le millésime 77, Renault va compléter son offre d'indicateurs sur la santé du moteur (ajout d'un manomètre de température d'huile et de pression d'huile). De même, le volant à quatre branches et jante fine sera aussi remplacée en 77 par un trois branches nettement plus sportif à la préhension plus pratique. Un long et fin levier de vitesses (à cinq rapports). L'équipement général était intégralement tourné vers le sport et plutôt simpliste ce qui était profitable pour le poids de l'auto contenu à 850 kg.

Sous le capot on retrouve un bloc en fonte dérivé de celui des Renault 12, disposé longitudinalement (le moteur est situé derrière l'essieu avant, avec la boîte devant pour privilégier la réparation des masses). Culbuté, il est également super carré (76X77) facilitant ainsi les hauts régimes plutôt qu'une souplesse tranquille. D'ailleurs sa puissance de 93 ch. est obtenue au régime de 6400 tr/mn et son couple reste modeste avec 11mkg à 4000tr/mn. L'alimentation est assurée par un carburateur Weber double corps 32 DIR 58. Si la puissance de 93ch. peut prêter a sourire aujourd'hui, il faut tout de même se rappeler que la Renault la plus puissante en 1976 après l'Alpine étaient les "LS et TS" avec 64 ch. Le gain en puissance et performance était donc très important. D'ailleurs avec une vitesse de pointe de 175 km/h, un kilomètre départ arrêté en 32.5 secondes et un 0 a 100 km/h en 10.5 secondes, la Renault 5 Alpine était à ranger dans la catégorie des petites bombes en 1976!

Côté châssis, les Renault 5 Alpine reprenaient des solutions déjà éprouvées sur la LS : triangles superposés à l'avant, bras (arrière) articulés sur barre de torsion. Les barres antiroulis étaient toutefois de plus forte section à l'arrière et des amortisseurs De Carbon étaient tarés plus durs rendant ainsi l'Alpine plus sèche que la LS en confort de roulement. Une paire de freins à disques pleins à l'avant était de série tandis que l'arrière se contentait de classiques tambours. Les larges jantes en tôle à déport étaient chaussées de pneus Michelin en 155/70 SR 13. Dès le millésime suivant, des jantes en alu au design réussi et commun avec celui des Alpine A310 V6 remplaceront les jantes en tôle, en gardant cependant la même taille de pneus.

En 1977, la Renault 5 Alpine connait quelques modifications de détails déjà évoquées plus haut. Elle reçoit également des phares H4 en remplacement des optiques mixtes montés jusqu'alors. Dans le même temps, la Coupe Alpine remplace les LS kitées avec bonheur. Le frottage de portières était alors monnaie courante dans les épreuves de la Coupe !

En janvier 1978, victoire au Monte-Carlo de la Renault 5 Alpine groupe 2 (Ragnotti-Andrié). Pour fêter cette victoire, Renault fera une première série limitée. La Monte Carlo, sur base d’une TS, couleur jaune et rouge, toit noir, bouclier Alpine teinté en rouge. Elle sera produite à 2400 exemplaires. Renault supprime le manomètre de température d'eau et ajoute une prise "diagnostique" au moteur.

En 1980 la Renault 5 Alpine se contente de recevoir un alternateur à régulateur incorporé.

En 1981, un carburateur Weber double corps 32 DIR 97 est monté à la place de l'ancien.

En 1982, la Régie rattrape son retard de puissance par rapport à la Golf GTI. En montant un turbo dans la Renault 5 Alpine, celle-ci change de nom pour s'appeler "R5 Alpine Turbo" et développe désormais 110 ch. On flirte donc avec les 190 km/h et il ne suffit plus que de 30 secondes pour parcourir le kilomètre. Désormais la golf et son moteur 1800 peut se tenir à carreaux. Les concurrents de la coupe profitent eux aussi du changement. La Renault 5 Alpine Turbo profite des améliorations de la gamme Renault 5 pour évoluer légèrement : sièges baquets avec appuie-tête et renforts latéraux, nouvelle planche de bord, manomètre de pression de turbo, pare-brise feuilleté, vitres latérales du custodes pivotantes, lunette arrière chauffante munie d'un essuie-glace, sigle "Turbo" sur la calandre et nouvelles jantes alu à ailettes.

En 1983, la Renault 5 Alpine Turbo est munie d’un système d'essuie-glace à balayage intermittent et on peut désormais commander en option la direction assistée, les lève-vitres électriques et des pneus taille basse.

En 1984, remplacement du moteur C6J726 par le CJJ750. A partir d'avril la R5 Alpine Turbo est remplacée par la R5 lauréate Turbo, plus rustique, dont l'intérieur reprend celui de la GTL. Sa fabrication n'ira pas au delà du moi de juillet de cette année. Le 24 septembre, la Super cinq est dévoilée, et la GT Turbo va voir le jour.

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